Un été meurtrier

A la veille de la rentrée 2016, l’été émet ses dernières chaleurs jusque dans le Nord de la France pour une canicule inattendue. C’est l’occasion de réaliser, sous son ombrelle protectrice – ou au bord de la piscine tout dépend de votre style – un medley des temps forts de cet été sur les plans de la sécurité, de la politique politicienne en France et sur la scène internationale. En partant des attentats pour dériver sur le « burkini », en s’attardant sur les primaires françaises à gauche et à droite, tout en faisant un crochet outre-Manche et outre-Atlantique, les éléments d’actualité de cet été nous ont préparé une rentrée politique qui s’annonce mouvementée.

Sur le plan sécuritaire

Les attentats de juillet dernier ont laissé entrevoir quelque chose de pourri dans le royaume de France qui a été largement instrumentalisé par la polémique sur le burkini – elle même tombée comme un cheveu sur la soupe. Du jour au lendemain nous avons réalisé qu’il y avait des femmes couvertes sur les plages de France. Quel bonheur de découvrir la passion déchaînée de nos politiques masculins pour la libération de la femme en France ! La France, ce territoire d’égalité des sexes où les femmes ne doivent pas être « asservies » (tu seras libre ma fille, et la liberté ça veut dire « ça » un point c’est tout). Ces discours qui prônent la liberté de la femme par ceux-là mêmes qui défilaient contre les manifestations de mai 68 et contre cette jeunesse dépravée qui ferait mieux de retourner au travail (mai 68, la révolution sexuelle tout ça tout ça, ça vous évoque quelque chose ?). Ah les années 60! Cette époque merveilleuse où de Gaulle avait répondu à ceux qui suggéraient de faire entrer des femmes au gouvernement, « pour quoi faire, un ministère du tricot ? ». Du coup j’en arrive à me demander si les codes de la bienséance imposés dans l’espace public – burkini or not burkini – ne relève pas d’une emprise conservatrice sur la définition de ce qui fonde l’unité dans mon pays ? Mais peu importe, puisque l’aliénation de la femme au patriarcat organisé scandalise en France, je me prends à rêver d’une femme Présidente sous la Vème République, ou d’une femme cheffe du Gouvernement. Ah, on me glisse dans l’oreillette que c’est un autre débat, les pourfendeurs du burkini préférant s’attarder sur le conservatisme musulman voire rappeler les menaces causées par l’islamisme en France… Puisque dans ce blog nous préférons les pentes glissantes aux marécages puants, dirigeons nous vers les primaires françaises.

Sur le plan politique

A gauche, les discours de candidature sont fleuris. Benoît Hamon affiche les mesures que la gauche aurait rêvé de voir mises en place une fois au pouvoir. Montebourg souhaite incarner la gauche qui propose des solutions pour les oubliés et les désenchantés de la mondialisation mis à l’écart des priorités politiques ces dernières années (sauf par les populistes qui se sont engouffrés dans la faille béante). C’est surtout François Hollande qui risque de bénéificier une rentrée moins tourmentée que prévue. S’il a réussi à distiller finement ses velléités politiques pour 2017 tout au long de l’été – mon petit doigt me dit qu’il cherche à se représenter – son dernier coup de communication est remarquable. Suivi par des journalistes du Monde depuis la campagne présidentielle (c’est dire s’il a la peau dure), l’Elysée nous offre une entrevue inédite de l’appréciation du Président sur son propre mandat depuis son entrée en fonction. Encore faut-il pouvoir capitaliser sur les acquis de manière crédible par la suite.

A droite, les candidats oscillent entre libéralisme exacerbé et paranoïa (tempérée par Juppé qui ne souhaite pas se laisser prendre au jeu) animée par la crise identitaire et la manipulation des symboles français. Nous attendons d’ailleurs le FN au tournant sur ces questions à la rentrée quand les candidats feront une pause dans leur agenda. Reste à proposer aux français un programme de politiques publiques crédibles plutôt que du marketing politique pur si l’on souhaite « tout pour la France » (on soulignera la formule à peine excessive). Après tout, pourquoi ne pas réélire un perdant de la présidentielle de 2012 à sa propre réélection, désavoué par les électeurs français, qui a réussi à re-devenir premier secrétaire du parti qu’il a divisé, puis se réengager sur des questions encore plus dures que lors de sa dernière campagne.

Sur le plan international

Le soleil de l’été ne s’est pas abattu uniquement sur le territoire français. Entre deux coups de soleil, nous en aurions presque oublié ce bon vieux Brexit qui nous a pourtant donné du fil à retordre au mois de juin. Les Britanniques ont temporisé comme ils pouvaient en invoquant un manque de préparation politique et administratif pour assurer les négociations. Du coup l’article 50 n’a pas encore été invoqué par la Premier ministre britannique (d’ailleurs on dit Première ou Premier ? ah ! ces fonctions masculines). Si les conséquences de la nomination de Theresa May ont davantage fait polémique sur des questions de politique intérieure, avec notamment la réintroduction des grammar school que le Labour avait supprimé, les frasques de Boris Johnson aux affaires étrangères ne sont pas passées inaperçues.

dearworldsorry

C’est que, avoir jugé bon de décrire Hillary Clinton en Novembre 2007 lors de sa campagne en tant que candidate démocrate contre Obama, comme une « infirmière sadique d’hôpital psychiatrique », ça fait un peu désordre. Cela dit, étant donné les absurdités prônées par l’actuel adversaire politique de Clinton à la présidentielle américaine (je ne prononcerai pas son nom, je n’en peux plus de les voir lui, sa houppette rousse et sa bouche en cul de poule sur les réseaux sociaux), c’est un peu l’effet de démence que cela pourrait provoquer. Mais Hillary, première femme candidate à la présidentielle américaine, en a vu d’autres et a elle aussi la peau dure.

Show must go on, il y aura de quoi se délecter en septembre. Des élections capitales en France et aux Etats-Unis, de la possibilité de voire élu une femme présidente ou un grand singe, sans oublier les questions du Brexit, voilà qui annonce l’espoir d’un grand chambardement ou… la fin du monde occidental. Ouvrez grands vos oreilles dans les rayons lors de vos courses de pré-rentrée, le spectacle politique 2016 – 2017 ne fait que commencer.

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